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CLUB AUDIOVISUEL DE PARIS |
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RELATIVISER
Il est toujours difficile de revenir sur une question qui a fait l'objet de nombreux débats mais les difficultés rencontrées, notamment par les jeunes vidéastes amateurs, m'incitent à en reparler. Je suppose que vous avez remarqué le nombre de mises en garde adressées par la FFCV, du genre : Attention ! Il faut vous mettre en conformité avec les droits d'auteurs. Le ciel va vous tomber sur la tête si vous n'êtes pas en possession de toutes les autorisations pour illustrer vos films avec de la musique du commerce. Demandez la cession des droits (payants), au compositeur de la musique, aux interprètes, à ceux qui ont gravé le CD, en résumé : à la SACEM, à la SDRM, à la SPPF etc. De plus, tous les films du National sont copiés pour la vidéothèque et peuvent être utilisés dans des projections publiques ou dans des émissions télévisées. Alors ! Rendez-vous compte !
Pour relativiser le débat, voyons qu'elle est la carrière d'un film amateur (Les chiffres indiqués sont arbitraires mais proches de la réalité):
Quelques films sont copiés dans la vidéothèque de la FFCV et sont utilisés essentiellement pour faire de la formation au sein des clubs. Quand à la projection d'un film à la télévision, c'est tellement exceptionnel qu'il n'est pas utile d'en parler. Si oui comment évaluer un préjudice aussi faible ? Le repiquage de musique sur Internet et la commercialisation de nombreux CD gravés en fraude, est indéniablement une atteinte à la propriété intellectuelle des auteurs mais l'utilisation de musique, d'une durée de quelques dizaines de secondes, dans une vidéo d'amateur à diffusion gratuite et surtout confidentielle n'a rien à voir avec ce genre de délit.
Par ailleurs, en suivant scrupuleusement le législateur , il faudrait que le réalisateur du film cède à l'organisateur d'un concours ou un festival un droit de diffusion de son film à titre gratuit ou onéreux. Le réalisateur, ayant payé des droits, il serait normal qu'il en répercute une partie à l'organisateur. N'oublions pas que le réalisateur est en même temps un auteur. Imaginons un instant que tous les vidéastes qui participent au concours National demandent à la FFCV, comme ils seraient en droit de le faire, des droits de projection de leur film à titre onéreux, quelle surprise ! Comment expliquer que depuis des dizaines années, les cinéastes amateurs vivaient sereinement, sans problème avec les compositeurs ?
Ce papier n'est pas un réquisitoire contre les droits d'auteur car leur utilité est évidente et il faut respecter les lois; mais un plaidoyer pour relativiser et considérer à sa juste mesure l'hypothétique préjudice subi par les auteurs de musique avec l'activité des vidéastes amateur. La FFCV essaie par tous les moyens de gagner des adhérents mais malheureusement elle fait aussi ce qu'il faut pour en perdre. Aujourd'hui en France, des centaines de vidéastes amateurs sont terrorisés par quelques personnes qui cherchent à se rassurer. Il faudrait beaucoup de persuasion pour me convaincre du bien fondé d'une telle situation. Nous allons néanmoins suivre les directives de la FFCV et pour compenser la diminution des films et la perte des effectfs, le CAP envisage de donner des cours de musique et de fonder un orchestre. C'est peut être le moyen d'attirer de nouveaux membres tout en diversifiant le programme de nos soirées de gala. Robert TASSINARI Président du Club Audiovisuel de Paris
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