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Laissez libre cours à votre créativité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

52 minutes

 

 

52' : c'est le format  habituel des films documentaires pour s'inscrire dans la plupart des programmes télévisés.


Un documentaire devrait être un spectacle passionnant mais c'est rarement le cas pour les 52'. Généralement la partie substantielle du film ne fait pas plus de 20 à 30 minutes et le reste est du remplissage. La durée moyenne des plans est de 8 à 10 secondes alors qu'elle devrait être de la moitié, quant aux plans-séquences ils sont interminables. Quelquefois le réalisateur a du mal à terminer dans le temps et ajoute un patchwork de fin qui rappelle les meilleures images du film, cela fait deux minutes de gagnées. C'est l'horreur!

Lorsque le film passe à la télévision il est possible, lorsque le temps semble long, de s'éloigner du poste et de faire autre chose tout en contrôlant le volume du son pour ne pas manquer un redémarrage de l'intérêt. Mais quand on est bloqué dans le siège d'une salle de spectacle où il est impossible de bouger sauf de décroiser les genoux de temps en temps, c'est un véritable supplice.
La seule solution qui reste au spectateur est de s'endormir en souhaitant que le niveau sonore n'augmente pas trop.

La durée d'un film devrait être proportionnelle à son intérêt. Une fiction construite sur un scénario bien ficelé avec une intrigue originale et un suspense soigneusement entretenu tout au long de l'histoire peut durer une heure ou deux, mais ce n'est pas le cas d'un documentaire sur la culture du riz ou de la récolte des bananes avec deux ou trois couchers de soleil à la fin pour meubler un peu. Lors d'un récent festival de films de voyage et de documentaires j'ai subi cette pénible épreuve.

Pour améliorer la qualité du spectacle avec pour corollaire maintenir l'attention des spectateurs, les chaînes de Télévision et les organisateurs de Festivals auraient tout intérêt à demander aux réalisateurs de documentaires de ne pas dépasser la durée

 

 

 

 

 

de 26' voire moins. Il vaut mieux plusieurs films sur des sujets différents qu'un seul film de 52' sur un seul sujet, c'est beaucoup moins indigeste pour le spectateur.

Pour les mêmes raisons que celles que nous évoquons c'est ce que souhaite maintenant TF1 pour ses futurs programmes de documentaires.
Le besoin de faire mieux et plus court se fait également sentir dans le domaine des séries télévisées. Par exemple, le nouveau Navarro aura probablement des épisodes de 52' au lieu de 90'.

Certains réalisateurs se lamentent  C'est la mort du documentaire! On pourrait traduire
C'est la mort du documentaire médiocre!
Leur inquiétude est motivée sur le plan financier car tourner plusieurs sujets au lieu d'un seul de 52' demande un investissement bien supérieur, surtout lorsque les sujets sont différents.

Certains réalisateurs prétendent qu'en 26' on n'a pas le temps de pénétrer dans le sujet. Ce raisonnement était peut être valable il y a quelques décennies mais à notre époque les spectateurs réagissent très vite. A force de visionner des programmes télévisés de toute  nature et tous les jours, leur regard s'est formé à comprendre rapidement toutes les situations.

Il ne faut pas oublier qu'un documentaire n'est pas destiné seulement à l'information ou à l'éducation. C'est avant tout du cinéma, c'est-à-dire un spectacle dont le succès dépend de l'originalité du sujet, de la qualité du tournage et surtout de la rigueur du montage où notamment toutes les images superflues doivent être éliminées.

Il faut prendre conscience des véritables raisons pour lesquelles le documentaire de 52' vacille sur ses bases. A force de faire du remplissage pour tenir l'objectif de quantité, les réalisateurs ont oublié l'objectif de qualité et ils n'ont pas l'air d'en être conscients.
C'est grave !

 

Robert TASSINARI - Retour à la page d'accueil >