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Laissez libre cours à votre créativité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Séance d'analyse du 13 mars 2007

Cette séance du 13 mars a été une séance d'analyse : la soirée technique consacrée à "After Effects" a été reportée au 3 avril prochain.

Anne de Bever nous a fait découvrir un reportage d'un réalisateur professionnel de documentaire pour la télévision Patrick Chaput et d'une journaliste de France Culture Laurence Drummond. D'une vingtaine de minutes ce film a été tourné dans l'atelier d'un artiste peintre, potier et sculpteur tout à la fois : Alain Boullet. Né le 4 mars 1935 à Vierzon, en Sologne, Alain Boullet vit et travaille à Falicon, près de Nice où il a enseigné à l'Ecole Nationale d'Art, Villa Arson. Il retrouve régulièrement ses racines profondes en Sologne.

Le film nous fait pénétrer de plain pied dans l'univers et l'imaginaire de l'artiste. Il débute dans les jardins de l'atelier par une citation de Rainer Maria Rilke : "Approchez de la nature. Essayez de dire, comme si vous étiez le premier homme, ce que vous voyez, ce que vous vivez, aimez, perdez."

On y découvre alors Alain Boullet qui entre dans son atelier en commentant : "Longtemps je voulais la forme pure. Ce n'est pas pour autant le plus important. Jusqu'à la guerre d'Algérie (où j'avais 24 ans) je ne pouvais dessiner ou peindre qu'avec un modèle. Maintenant c'est tout l'inverse. Et parfois en une fois la toile peut être terminée. J'ai besoin d'un jus d'essence pour cela. Il ne faut pas avoir peur de faire des giclures."

Alain Boullet témoigne de son admiration pour le peintre Pierre Bonnard et de son goût de la liberté. Alain nous explique ensuite qu'il restait des heures et des heures dans les étangs, les pieds dans la glaise pour que finalement ses toiles proviennent du fond de sa mémoire, dans des moments de brouillard et d'hiver. S'il était devant le sujet même de ses toiles (l'étang), il serait incapable de peindre ce qu'il finit par coucher sur la toile. Ce sont des états d'âmes, des choses qui viennent. L'étang restant son sujet de prédilection.

Parlant de ses toiles, il nous explique qu'elles doivent pouvoir être pietinées, maltraîtées. Choisir un beau papier, vouloir se retenir, c'est aussi brider toute sa force créatrice.

Il nous explique qu'il regarde ses toiles sur un fond blanc pour mieux les révéler. La feuille blanche est donc un révélateur. On prends du temps, on met de la musique, on attend de recevoir la juste note. Alain nous explique aussi trouver son inspiration à travers Edgar Degas qu'il considère comme son "grand-père".

Si vous voulez découvrir un extrait des peintures d'Alain Boullet, c'est ici.

 

 

 

La seconde partie du reportage a été consacré aux sculptures de l'artiste. Alain nous explique que l'érosion de la pierre permet de faire émerger des choses nouvelles. Il mélange volontiers ses sculptures avec des plantes qui apportent une trace de vie.

 

Si vous souhaitez découvrir un extrait de cette seconde partie du reportage sur les sculptures d'Alain Boullet, c'est ici.

Anne de Bever qui nous a présenté ce film professionnel, amie de l'artiste, nous explique qu'elle a convaincu le réalisateur Patrick Chaput de sortir un DVD de son reportage sur Alain Boullet. C'est pendant son récit de la guerre d'Algérie (qui a duré 2 ans) qu'Alain Boullet a fait la connaissance du réalisateur Patrick Chaput. Ils ont réalisé ensemble un film appelé "Lettres et dessins
pendant la guerre d'Algérie" où l'artiste envoyé en Algérie pendant la guerre nous dévoile les dessins et lettres qu'il envoyait à sa future épouse durant cette longue période d'éloignement.

Selon Anne de Bever, Alain Boullet est un homme qui communique totalement avec la nature. Anne nous explique qu'elle a l'habitude de travailler avec quelques peintres de l'océan indien dont la culture est assez naïve : elle a eu l'occasion de leur diffuser quelques films sur Alain qui ont eu pour effet de les libérer peu à peu de leur peinture traditionnelle.

Concernant l'analyse du film : il ne fait aucun doute qu'il relève d'une facture professionnelle. Le début est toutefois un peu trop long d'un commun accord. On a remarqué la présence de sons d'ambiance particulièrement bien enregistrés même si certains d'entre nous pensent avoir remarqué à un moment un léger défaut du microphone : Anne nous confirme que celui-ci était tombé dans la boue lors du tournage ! Le monologue de l'artiste est le point fort du film. Au final, le film parvient à restituer une atmosphère authentique, qui témoigne d'un montage audiovisuel particulièrement soigné (bien qu'inapparent de prime abord) : c'est tout l'art du professionnel que de laisser s'effacer la technique au profit du contenu.

Anne nous révèle pour finir que ce reportage (d'une vingtaine de minutes dans sa version définitive) repose en fait sur 500 heures de rushes : on retrouve là encore un exemple du fameux "Coup de Balai" cher à Robert Tassinari ...

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